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Salon européen des centres d'appel : Le Sénégal se distingue à l'édition 2004

Le Sénégal a participé avec succès au Salon européen des centres d'appel qui s'est tenu dans la capitale française. Une belle vitrine pour présenter des atouts fondés sur un cadre politique et institutionnel attractif, des avantages fiscaux importants et une main d’œuvre de qualité. De quoi transformer rapidement les nombreux contacts noués au cours de ce salon en réels d'investissement créateurs d'emplois.

Pour sa deuxième participation au Salon européen des centres d'appel (Seca) de Paris, l'Agence nationale chargée de la promotion des investissements et des Grands travaux (Apix) s'était fixé des objectifs très ambitieux. Il s'agissait notamment de promouvoir l'offre sénégalaise au moyen d'une meilleure visibilité du pays sur un créneau à fort potentiel de création d'emplois ; de présenter l'expertise et le savoir-faire des acteurs déjà présents dans l'activité ; et d'engager une prospection active devant déboucher sur des projets d'investissement.

A cet effet, une équipe de choc a été bâtie autour de la Sonatel, d'entreprises privées opérationnelles (PCCI, Call Me, Acces Value), des porteurs du projet de Cyber Village (qui a pris le relais du programme de développement du Technopole de Dakar), de fonctionnaires du ministère de l'Economie et des Finances et de cadres de l'Apix déjà rodés dans la prospection commerciale internationale. Le Sénégal, il est vrai, dispose d'atouts non négligeables dans le domaine des centres d'appel avec des infrastructures de télécommunication qui figurent parmi les meilleures en Afrique, offrant des coûts très compétitifs, ainsi qu'une main d’œuvre qualifiée présentant les profils adaptés (formation en marketing, expression sans accent dans les langues étrangères).

L'édition 2004 qui du SECA, qui s'est tenue à Paris, à la fin du mois de mai, a réuni sur une aire de 10.000 m2, quelque 160 exposants en provenance de France, d'Europe, d'Afrique, d'Asie et d'Océanie. Ce sont des opérateurs de télécoms, des sociétés informatiques, des centres d'appel et des entreprises offrant des solutions techniques ou logistiques aux centres d'appel, etc. Au total, plus de 10.000 visiteurs professionnels ont pu assister aux différentes conférences portant sur des thèmes qui tournaient tous autour de la relation client à distance, participer aux nombreux ateliers et entrer en contact, échanger ou même décrocher des contrats avec les exposants.

La participation du Sénégal a été remarquable, avec un stand très attractif, et un atelier de présentation des atouts du pays comme nouvelle destination de délocalisation et d'externalisation de centres d'appel. M. Souley Wade, chef de marchés à l'Agence, qui conduisait la délégation, a ainsi passé en revue le cadre institutionnel du pays, marqué par une stabilité politique exceptionnelle en Afrique, avec un choix résolu en faveur d'une économie libéralisée, un dispositif favorable d'incitations à l'investissement, des infrastructures de télécommunication qui font référence dans le continent, ainsi qu'une main d’œuvre bien formée et compétitive.

C'est ensuite Madame Nafi Ngom, directrice des relations avec les opérateurs à la Sonatel, qui a pris le relais pour exposer les atouts technologiques des télécommunications du Sénégal : une couverture nationale par un réseau entièrement numérisé avec 2.200 km de fibre optique, relié au monde par câbles sous-marins, une bande passante de 310 mégabits/s, la deuxième en puissance après l'Afrique du Sud et permettant l'accès au système de transmission par ADSL, etc. De plus, a indiqué Madame Ngom, la Sonatel présente les tarifs les plus compétitifs d'Afrique. Son exposé a été complété par les témoignages des opérateurs installés au Sénégal, tant pour les avantages technologiques que pour les bas tarifs pratiqués.

Le stand du Sénégal a naturellement drainé beaucoup de visiteurs, professionnels des centres d'appel et investisseurs potentiels, certains uns plus surpris que d'autres : alors que le pays était surtout célèbre pour les exploits de ses sportifs, de nombreux visiteurs découvraient soudain que le pays présentait également des opportunités intéressantes dans la délocalisation et l'externalisation de la relation client.

Pourtant, ils auraient pu avoir une idée des potentialités du Sénégal au mois de septembre 2003, quand la chaîne de télévision française avait diffusé un reportage sur PCCI.
Et aussi bien les agents de l'Apix, les fonctionnaires du ministère des Finances, la représentante de la Sonatel que les opérateurs de centres d'appel présents ont dû répondre aux différentes sollicitations. Qui sur la qualité du réseau de télécommunication, qui sur la disponibilité de la main d’œuvre, qui sur l'accès à la terre ou à la possibilité de disposer de locaux adaptés.

Au bout des trois journées, le bilan serait largement flatteur, de l'avis de tous les participants sénégalais : de nombreux contacts qui peuvent être rapidement transformés en opportunités d'affaires. Ainsi, révèle M. Alioune Dieng, le directeur général du Cyber Village, SNT, le second plus grand centre d'appel d'Europe, a exprimé son intention de s'installer sur le site du Technopole. Et la présence de cet opérateur, de l'avis de M. Dieng, devrait exercer un important effet d'entraînement sur la destination Sénégal. Même enthousiasme de la part de M. Malick Seck, directeur du centre Call Me : les contacts développés pourraient se traduire à court terme par la création de 50 nouvelles positions de travail qui viendront s'ajouter aux 30 existantes.

Pour autant, tout n'est pas gagné d'avance. La gestion de la relation client, activité de base des centres d'appel, est, selon les professionnels rencontrés au Seca 2004, en pleine mutation à travers le monde : alors que jusqu'ici les centres d'appel répondaient à la demande d'une clientèle commerciale, les services publics, les services aux particuliers et la santé sont en train de constituer le moteur de la croissance du marché. La demande est en pleine croissance et devrait atteindre sa pleine maturité d'ici cinq ou six ans, avec cependant des solutions faisant appel à plusieurs canaux de communication : web-chat, e-mail, SMS, etc., à la place de la seule voix humaine.

Ceci met déjà en évidence, aussi bien Europe et dans les pays industriels que dans les pays qui proposent la délocalisation de centres d'appel, de nouveaux besoins en formation qualifiée. De plus, selon une récente étude réalisée dans 26 pays d'Europe, du Moyen Orient et d'Afrique, l'avenir est aux structures composées de 10 à 30 positions de travail, au détriment des grosses pointures.


Impressions de Malick SECK, directeur de CALL ME

Comment le salon se termine pour Call Me ?

Très bien. Avant notre arrivée, nous avons fait du mailing en direction de clients potentiels et nous en avons rencontré beaucoup. Nous avons échangé un certain nombre d'informations et les contacts sont très avancés. A Call Me, nous avons déjà une trentaine de positions fonctionnelles.
Comme vous le savez, dans ce métier quand on a 20 à30 positions, on peut facilement négocier dix de plus. Quand on a 100 à 200 positions, on peut négocier 40 de plus. Et quand on a 500 positions, on peut négocier trois cents. Votre pouvoir de négociation dépend de votre potentiel et de votre expérience. Dans un court terme, nous comptons avoir 50 positions globales secondaires. Et je pense que nos concurrents ont dû tirer le même bilan.

Cela va donc représenter un investissement supplémentaire ?

Call Me a la particularité de détenir son propre système d'information et d'exploitation mis en place et développé en interne par Chaka. Donc les nouveaux investissements ne vont nécessiter que du mobilier avec quelques transformations du local pour pouvoir contenir 100 postes.

Plus généralement, que reste-t-il à faire pour que l'investissement arrive massivement au Sénégal ?

L'investissement, c'est les moyens. L'intérêt du Sénégal pour les call centers, c'est moins l'investissement que la création d'emplois. Il ne faut se tromper d'objectif.. Le développement de Call Me va entraîner forcément le développement de quelques emplois car la petite Call n'avait déjà créé pas moins d'une cinquantaine d'emplois. Il en est de même pour les autres. Il n'y a pas de développement sans création d'emplois et je préfère raisonner en terme d'emplois.

Dans le cadre des centres d'appel, la plupart des prescripteurs mettent l'accent sur la formation. Est ce que c'est votre préoccupation ?

La formation est essentielle. Actuellement, il n'y a pas une seule école qui dispense une formation dans ce sens. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on la gère en interne. Mais il faut souligner cependant que les gros clients ont souvent leur package, ce qui permet d'alléger considérablement la contrainte de formation.

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